Comme chaque second lundi de janvier, on célébrait ceux des Japonais ayant accédé, durant l’année scolaire, à la majorité (vingt ans) : c’était la fête des adultes, Seijin shiki. Cérémonies, discours, cadeaux. Pour les garçons, costume obligatoire – discret.
Mais les filles, dont les cheveux, teints au henné, bouclés pour l’occasion, s’enroulaient autour d’une fleur ouverte, elles qui avaient couvert leurs épaules d’une sorte de vison, synthétique blanc ou gris, et troqué leur jupe courte contre un kimono somptueux de motifs colorés, les filles déambulaient dans les rues de Kyoto, en grappes, à tout petits pas dans ces zoris plus malcommodes encore que des chaussures à talon. Elles riaient, nerveuses, rougissaient ; savaient qu’on ne voyait qu’elles.


