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足 / あし/ ashi – pied / jambe / demarche

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Il faudra courir pieds nus

Dans le magasin Asics, pas de pointure au-dessus de 43 ; le vendeur regardait mes pieds comme s’ils étaient des monstres. Ou des dieux.

Based on Kyoto

Voilà une journée qui donnera, peut-être, l’idée d’un quotidien encore à venir : Clémence s’en est allée, à peine coiffée, à son premier cours de japonais, auquel elle est arrivée de surcroît avec dix minutes de retard (le réveil acheté au 100 ¥ shop étant déjà cassé, ou ayant épuisé ses piles pendant la nuit) alors que, planté dans ces nouveaux chaussons beiges (acquis au même prix, taille unique) d’où dépassent mes pieds de tous côtés, je commençai à circonscrire le territoire et les stratégies me permettant de mener à bien mon projet d’écriture (journal et traduction, via l’anglais, de l’équivalent de la Genèse, inédit en français, le Kojiki (en voici les premières phrases), serviront de matière à l’élaboration des épopées urbaines pour la fabrication desquelles nous résidons ici).

Après avoir dégusté un bol en polystyrène de pâtes lyophilisées à la maison pendant qu’elle engloutissait, en ville, des boulettes de tofu, j’ai retrouvé Clémence dans le Starbucks local (mais pas très exotique) qui faisait ses devoirs de japonais (quoiqu’on l’ait forcée à chausser d’insupportables sabots de plastique, dit-elle en m’accueillant, le cours s’est bien passé, on l’a jugée assez bonne en grammaire). Pliant bagage, nous ne nous sommes pas promenés cette fois-ci dans les kilomètres de halles qui, du nord au sud et d’est en ouest, dessinent au centre-ville son squelette de verre, mais plutôt, en boustrophédon, jusqu’aux limites du Palais Impérial – le cas échéant nous perdant, à pas timides, dans les immeubles aux sous-sol ou aux étages desquels se cachent des magasins à peine annoncés par une flèche de carton (nous acquîmes ainsi, chez un disquaire à tous égards underground l’album du groupe probablement local Based on Kyoto). Lorsque nous en sortîmes, la nuit très dense était tombée et nous avions froid. Sous l’ondée les cyclistes roulaient en parapluie.